SIMON SORO AU JUGE : "APRÈS 500 JOURS DE DÉTENTION, JE NE SAIS TOUJOURS PAS CE QUE J'AI FAIT POUR ÊTRE FACE À VOUS"

Simon Soro, cadet de Guillaume Soro, l’un des vingt accusés dans l’affaire du procès de l’ancien président de l’Assemblée nationale ; était face au juge, ce jeudi 3 juin 2021. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ni lui, ni les personnes qui ont assisté à l’audience, n’ont su exactement ce qui lui était reproché.

"Est-ce parce que je suis le frère de Guillaume Soro que je suis ici ? Car depuis plus de 500 jours de détention je ne sais toujours pas ce que j'ai fait pour être face à vous", a déclaré Simon Soro. "Je suis fier d'être le frère de Guillaume Soro et un frère ça ne se renie pas", a-t-il martelé, alors que la cour peinait à l’associer à un fait précis d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

"Le 19 septembre 2002, le jour du déclenchement de la rébellion, je n'étais informé de rien. Étant étudiant à l'université de Bouaké, c'est dans la nuit du 19 septembre 2002 que j'ai entendu les coups de canons. J'ai été obligé de marcher de Bouaké à Katiola pour ne pas être victime des coups de feu. C'est sur les ondes de la radio que j'ai entendu la voix de mon frère Guillaume Soro", a-t-il martelé, essayant de démontrer qu’il n’est pas associé aux activités politiques de son frère.

« Je ne suis pas membre de GSP », a-t-il martelé. A en croire El Hadj Mamadou Traoré, cadre de GPS, « Ce jour-là, il est venu à l'annexe, à la demande de Meité Sindou, président du comité d'organisation de l'accueil de Guillaume Soro, après avoir été empêché de rentrer au domicile de son ainé à Marcory. Son ainé Guillaume Soro lui avait demandé de mobiliser ses frères et sœurs afin d'aller l'accueillir à l'aéroport le 22 Décembre », a-t-il déclaré.

« C'est ainsi que le 22 soir Meité Sindou lui a dit que l'accueil aurait eu lieu le 23 décembre. C'est en allant à l'aéroport qu'il a fait escale au domicile de son ainé où il a été refoulé. C'est en étant dans le bureau de Soul To Soul à l'annexe qu'il a été arrêté en même temps que les autres. C'est lors de son audition qu'il a appris qu'il était membre d'un groupe qui voulait attenter à la sûreté de l'Etat. Chose dans laquelle il ne se reconnaît pas », a précisé Mamadou Traoré.