Côte d’Ivoire Simone Gbagbo s’emporte au tribunal: « C’est de la foutaise ! » lance l’ex Première dame au juge.

Côte d’Ivoire Simone Gbagbo s’emporte au tribunal: « C’est de la foutaise ! » lance l’ex Première dame au juge.

Par Manuella YAPI

 

Maître Ange Rodrigue Dadjé, avocat principal de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, jugée pour « crimes contre l’humanité », a estimé mardi que les Assises « remettent en cause les droits de la défense », après avoir claqué la porte pendant l’audience, sur son compte Facebook.

 

« Je viens de claquer la porte des Assises de Mme Gbagbo qui remettent en cause les droits de la défense », a écrit Me Dadjé, ajoutant que ces droits et sa « dignité (…) restent primordiaux » pour lui: »je ne transigerai pas la dessus ».

 

Il a également évoqué la remise en cause de « l’accord obtenu avec le Bâtonnier et le Procureur Général » qui a valu lundi le retour des avocats de l’ex-Première dame, après environ trois semaines de boycott pour protester contre la non-comparution de personnalités dont le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, le directeur général de la Police nationale, Général Bredou M’Bia ou encore l’ex-chef de l’armée, Général Philippe Mangou.

 

Me Ange Dadjé a claqué la porte en pleine l’audience, après que le juge Boiqui Kouadjo lui a reproché d’avoir délivré des citations à comparaître « irrégulières » car ne respectant pas les délais de transmission prévus par la loi.

 

Empêchée de quitter la salle à son tour, l’ex-Première dame s’est laissée emportée:« C’est de la foutaise! Vous croyez que parce que vous êtes juge vous avez le droit de faire n’importe quoi dans ce pays ? Si vous voulez me condamner, condamnez-moi mais ne me fatiguez pas », a lancé Simone Gbagbo, refusant de s’asseoir malgré l’ordre du juge.

 

« Je vous pardonne Madame, nous n’allons pas perdre patience », a réagi le président de la Cour face à l’accès de colère de Mme Gbagbo qui lui a demandé de « respecter la loi ».

 

La cour a décidé d’annuler les citations à comparaître des personnalités citées par la défense. Elles ne seront donc pas entendues lors de ce procès.

 

L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire est jugée depuis le 31 mai pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » commis pendant la crise postélectorale en Côte d’ivoire, ayant causé la mort d’au moins 3.000 personnes, selon le gouvernement.

 

Son époux, Laurent Gbagbo, détenu depuis 2011 à La Haye, est jugé pour les mêmes faits par la Cour pénale internationale (CPI).

 

La défense suspend sa participation

 

 

La défense de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, jugée pour « crimes contre l’humanité », a suspendu mardi à Abidjan sa participation, après que le président de la Cour d’assises a annulé les citations à comparaître de plusieurs témoins dont des personnalités politiques et décidé de « passer outre » leur audition.

 

 

 

« Nous n’avons rien à faire dans ce procès (…) nous partons », a dit Maitre Dohora Blédé face à la presse, annonçant que la défense de Mme Gbagbo suspend sa participation « jusqu’à ce qu’on respecte (ses) droits ».

 

Selon Me Blédé, « la cour se moque de la défense » et « n’a pas envie » qu’elle participe au procès, précisant que les conseils de l’accusée ne vont pas pour autant se « déporter », afin d’éviter que d’autres avocats soient commis d’office pour les remplacer.

 

« Si demain ils ne se présentent pas, nous allons constater » et d’ »autres » conseils « vont continuer à leur place », a réagi le Procureur général, Ali Yéo, face à la presse.

 

L’avocat principal de Simone Gbagbo, Maitre Ange Rodrigue Dadjé, a pour sa part claqué la porte pendant l’audience, après que le juge, Bouiqui Kouadjo, a reproché à la défense d’avoir délivré des citations à comparaître « irrégulières » car ne respectant pas les délais requis.

 

« Faites correctement votre travail Messieurs », a affirmé le juge Kouadjo, évoquant l’acte adressé à l’ex-Premier ministre Jeannot Ahoussou : »vous venez dans le cabinet de quelqu’un le 03 novembre pour qu’il comparaisse le 02 novembre. Où avez-vous vu cela? »

 

La Cour a également rejeté la demande de la défense de reporter l’audience au 13 février 2017, estimant qu’elle « a pour but de couvrir la nullité » de ces documents en tenant compte du délai fixé pour adresser une citation à un témoin vivant hors de la Côte d’Ivoire (cas des Généraux Mangou et Kassaraté), soit deux mois avant la date prévue pour son audition.

 

“Il n’y a que le procureur général et la partie civile qui puissent faire des citations” a protesté Me Blédé qui a mis « au défi le président de la Cour de citer un article » qui « oblige » l’accusée à demander à des témoins de se présenter au tribunal.

 

Après avoir suspendu sa participation le 09 novembre, la défense de Simone Gbagbo s’est à nouveau présentée lundi au tribunal, à la suite d’une « médiation menée par le bâtonnier » de l’Ordre des avocats, Me Abbé Yao.

 

Les avocats de Mme Gbagbo réclament la comparution de personnalités ivoiriennes, dont le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, le directeur général de la Police nationale, Général Bredou M’Bia, l’ex-ministre Charles Koffi Diby ou encore l’ex-chef de l’armée, Général Philippe Mangou, estimant qu’ils sont des « acteurs principaux des faits » reprochés à leur cliente.

 

L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire est jugée depuis le 31 mai pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » commis pendant la crise postélectorale en Côte d’ivoire, ayant causé la mort d’au moins 3.000 personnes, selon le gouvernement.

 

Son époux, Laurent Gbagbo, détenu depuis 2011 à La Haye, est jugé pour les mêmes faits par la Cour pénale internationale (CPI).

 

MYA

 

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