Le président de l'Assemblée nationale était, récemment, sous le feu roulant des questions d'un confrère de Vox Africa. Interview publiée sur son site internet, depuis le mardi 4 février 2014.
Guillaume Soro y défend le président Alassane Ouattara et tente de répondre à des questions bien embarrassantes. Par exemple, sur la question de l'enrichissement de certains de ses proches, dont Issiaka Ouattara alias Wattao, commandant adjoint de la Garde républicaine, voici ce qu'en pense Soro : « pour la première question sur mon entourage, quand vous parliez j’étais en train de croire qu’on parlait de quelqu’un d’autre. Parce que je n’ai plus d’entourage, en ma qualité de président de l’Assemblée nationale. Vous avez dit Watta,o l’homme de … Non, l’Etat est organisé ».
Le journaliste insiste : « Mais tout le monde parle du commandant Wattao ; on le retrouve propriétaire des ‘’Bugatti Veron’’. Vous vous êtes peut-être modeste, moi je ne vous connais pas plus que ça, mais de ce que j’aperçois…vous connaissez le prix d’une ‘’Bugatti Veron’’ … ». Guillaume Soro répond : «(...) Je reviens sur ce que j’ai dit tout à l’heure, c’est-à-dire l’intention. Vous et moi avons souvent reproché aux médias occidentaux de ne montrer que la famine, la guerre, la pauvreté et le SIDA. Donc avec la presse, on peut tout faire. Ce que je souhaite fondamentalement, c’est qu’aujourd’hui notre armée se professionnalise et qu’elle se mette au service du citoyen, que le soldat devienne l’ami du citoyen et lui assure la sécurité et défende l’intégrité du territoire ».
Sans doute non satisfait, le journaliste revient encore à la charge : « Donc vous ne voulez vraiment pas vous prononcer sur cette question. Ça ne vous choque pas qu’un membre de l’armée ait des signes ostentatoires de richesse comme ça ? ». Percevant le piège que renferme la question, le chef du parlement trouve une réponse : « Vous insistez sur une question qui est passée ; donc allons-y. A moins que vous me donniez le pouvoir aujourd’hui de justicier. Non, on n’en est pas là. Ce que je dis, avançons, il faut professionnaliser l’armée et tous les partenaires vont y travailler ». Face à une autre interrogation du journaliste qui indiquait notamment que le Général Philippe Mangou, aujourd'hui ambassadeur de la Côte d'Ivoire au Gabon, est devenu pro-Ouattara, le patron des députés ivoirien a fait des précisions. Selon lui, Mangou n'a jamais été pro-Ouattara. D'ailleurs, selon Soro, ''il a chanté pour Gbagbo, vous le savez bien…'' « C’est le représentant de Ouattara au Gabon… »,soutient le journaliste. « Non, de l’État de Côte d’ Ivoire…Il ne faut pas personnaliser », répond Soro.

« Hamed Bakayoko et moi »
Autre sujet soulevé par la chaîne de télévision panafricaine, la supposée brouille qui existerait entre Soro et le ministre d’État, ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Pour le président de l'Assemblée nationale, c'est une vue de l'esprit, vu qu'il a appelé M Bakayoko avant de répondre à l'invitation du journaliste. « Laissez-moi vous dire que même ce matin, avant de venir, j’ai eu Monsieur Hamed Bakayoko au téléphone », semble trancher Soro. Qui indique qu'entre le ministre de l'Intérieur et lui, c'est une longue histoire d'amitié. « Hamed Bakayoko et moi, nous sommes d’abord des amis, des frères et nous militons pour la même cause », précise-t-il, avant d'ajouter : « Aujourd’hui, nous considérons simplement que le président actuel, Alassane Ouattara mérite que le peuple de Côte d’Ivoire lui confie un second mandat. Monsieur Hamed Bakayoko et moi, nous nous retrouvons régulièrement pour tracer les stratégies, pour voir comment nous travaillons à la réélection du président Alassane Ouattara (...) ».
Le journaliste cite des exemples de personnes avec lesquelles son interlocuteur n'entretiendrait plus de bonnes relations. Il s'agit de l'ex-ministre de l'Artisanat, Konaté Sidiki et l'actuel ministre de la Communication, Affoussiata Bamba-Lamine. « Moi, je vais vous rassurer ; il y a tellement de choses qui se disent dans les journaux auxquelles je ne prête pas attention. En tout cas, ces dix dernières années il y a eu tellement de conflits supposés avec les uns et les autres auxquels vraiment je n’accorde pas cette importance. Les concernés sont là, vous pouvez leur poser la question », tranche Guillaume Soro. Qui a refusé de dévoiler ses ambitions politiques, quand bien-même, selon le confrère, il y pense. « Je trouve ce débat quelque peu indécent. Monsieur Ouattara n’a même pas encore fini son premier mandat. Moi, je considère que je suis un homme de missions et si le président de la République m’a fait confiance pour soutenir ma candidature à la présidence de l’Assemblée nationale et me conférer la posture que j’ai, je considère que non seulement c’est un honneur, c’est une grande confiance et que je dois tout faire pour mériter cette confiance. Donc pour moi, il n’est point question de 2020, c’est 2015. Et en 2015, il y aura un candidat qui s’appelle Alassane Ouattara », indique-t-il.

Y.DOUMBIA
Source

L'inter