Le président de l’UNG était à Cologne ce samedi 03 septembre pour l’investiture de la délégation de son parti dans ce pays. Devant une salle comble, après avoir félicité la nouvelle déléguée, Mme Awa Gisèle Koné, il a tenu à aborder certains sujets d’actualité.

 

 

« Les évènements post-électoraux au Gabon nous ont encore montré le visage peu honorable d’une autre Côte d’Ivoire, celle dirigée par Alassane OUATTARA. Aujourd’hui, en plus d’être 1er producteur de Cacao, 15eme producteur de Café, la Côte d’Ivoire dirigée par Alassane Ouattara est devenue en Afrique de l’ouest 1er pays exportateur d’expertise en déstabilisation, fraudes, coups foireux.

 

Hier au Burkina Faso voisin, c’était le numéro deux du Pouvoir ivoirien (Soro Guillaume) qui exportait son expertise en putsch, meurtres, atteinte à la sûreté de l’Etat avant d’être pris la main dans le sac par les autorités burkinabè. Aujourd’hui, c’est un conseiller influent du Président ivoirien (Mamadi Diané) qui s’est invité dans l’élection présidentielle gabonaise en y exportant des spécialistes en trafic de PV, lui aussi pris la main dans le sac.

 

Alassane OUATTARA et son pouvoir déshonorent la Côte d’Ivoire en exportant ce qu’ils savent faire le mieux et qu’ils ont fait durant la présidence du Président Laurent GBAGBO. Un jour ils devront rendre compte de ses agissements qui ternissent l’image de notre pays à l’extérieur. »

 

« Si on recompte les voix au Gabon, alors la communauté internationale doit au minimum libérer le président Gbagbo et lui présenter des excuses »

 

Sans vouloir interférer dans les affaires intérieures du Gabon, je voudrais avec vous remarquer que tout le monde aujourd’hui appelle au recomptage des voix pour départager Jean Ping et le président sortant Ali Bongo qui tous deux revendiquent la victoire à l’élection présidentielle. La communauté internationale estime maintenant que c’est le moyen le plus sûr pour déterminer qui a véritablement remporté l’élection. Je suis surpris et je suis convaincu que les Ivoiriens le sont autant que moi. Car il faut qu’on nous explique pourquoi l’on n’a pas voulu que mon pays fasse l’économie de milliers de morts en recomptant simplement les voix comme l’avait proposé le président Gbagbo ? Si l’on est unanime qu’il faut recompter les voix au Gabon, si c’est la position de la France, des USA, de l’UA et des autres puissances, alors il faut au minimum libérer le président Gbagbo et lui faire des excuses. C’est encore plus ahurissant que ce sont tous les acteurs qui ont refusé cette proposition en Côte d’Ivoire qui en sont devenus les promoteurs aujourd’hui.

 

« La reforme constitutionnelle de Ouattara est une autre tentative de coup de force »

 

Sur le principe, aucune Constitution n’est immuable. La Constitution, la loi fondamentale d’un pays censée régir un peuple, se doit de répondre aux changements socio-politiques, économiques. C’est d’ailleurs pour cela que notre première Constitution, celle de 1960 a été changée au profit d’une nouvelle, celle de 2000 consacrant la 2e République. Le principe de modification ou de changement de Constitution ne me pose donc pas de problème.

En revanche, ce qui pose problème, c’est que tout indique et montre que cette reforme constitutionnelle est un second coup d’Etat que veut perpétrer Alassane Ouattara et son clan après celui d’Avril 2011. Et je vais vous dire pourquoi. Mais avant permettez que je vous rappelle le principe d’adoption de la Constitution de 2000 que veut changer Alassane Ouattara.

En effet, la Constitution de 2000 est le résultat des réflexions de toutes les composantes de la population ivoirienne (Partis politiques, organisations de la Société civile, Professionnels du Droit…etc.) qui se sont retrouvées dans des sous-commissions, commissions puis au sein de la Commission Consultative Constitutionnelle et Electorale (CCCE) pour proposer au peuple un projet de constitution. L’ensemble des partis politiques y compris le RDR, le parti d’Alassane Ouattara a ensuite appelé à voter OUI. La Constitution a donc été adoptée à 86, 58% des suffrages exprimés avec un taux de participation de plus de 70% lors du Referendum organisé par la Junte militaire les 23 et 24 Février 2000.

Pourtant malgré que le RDR ait appelé ses militants à voter OUI et qu’elle ait reçu l’onction populaire par cette large adoption, la Constitution de 2000 a constamment été violée par Alassane Ouattara, une fois au pouvoir. En voici quelques exemples :

 

Modification du Conseil Constitutionnel en nommant Francis WODIE dès sa prise de pouvoir en violation de l’Art. 90 de la Constitution alors que le Président de cette institution est nommé pour une durée de 6 ans.

Nomination du Président du Conseil Economique et Social sans passer par la procédure légale à savoir l’élection du Président par ses pairs de l’institution ;

La non déclaration de son patrimoine depuis sa prise du pouvoir sa non démission à la présidence du RDR en violation de l’Art 54 de la Constitution.

Le régime Ouattara maintient expressément en exil des milliers d’ivoiriens en violation de l’Art.12 de la Constitution ;

Une répression sauvage des manifestations pacifiques de l’opposition en violation du préambule de la Constitution qui consacre les droits de l’homme.

Alassane Ouattara a lui-même officialisé et confirmé la politique du rattrapage ethnique lors d’un voyage en France le 1er AVRIL 2012 en violation de l’Art. 10 de la Constitution ;

Le 25 Octobre 2015, Alassane Ouattara se rend éligible par « dérivation » en violation de l’Art. 35 de la Constitution ;

Comment peut-on prétendre au changement d’une Constitution si on n’apprend même pas à respecter celle en vigueur ?

Sachez que cette réforme, à notre avis, est inopportune vu le contexte politique et économique en Côte d’Ivoire. Elle est le reflet d’une procédure illégale qui exclut toutes les forces vives de la population avec des propositions farfelues qui cachent de mauvaises intentions.

Elle est inopportune car le contexte politique est tendu et délétère rythmé quotidiennement par des arrestations arbitraires (la dernière en date est celle de Dame MEHO qui va s’ajouter à plus de 200 prisonniers politiques), le gel des comptes bancaires, le maintien en exil de milliers d’ivoiriens, des interdictions de manifestations des partis d’opposition, des violations des droits élémentaires des citoyens…Au plan économique l’ivoirien lambda est confronté aux soucis de son quotidien avec la flambée des prix des produits de première nécessité, de l’eau, de l’électricité…C’est un contexte qui démontre que la priorité est ailleurs que dans le changement de Constitution.

Cette réforme est illégale car elle exclut l’ensemble des différentes couches de la population dans l’élaboration du projet de Constitution contrairement au procédé utilisé en 2000 par le choix unilatéral d’un groupe d’experts au lieu d’une assemblée constituante regroupant comme en 2000 des représentants des forces vives de la Nation.

Ce groupe d’experts aux ordres ne fera que reproduire la volonté d’Alassane Ouattara clairement exprimée notamment, la création d’un poste de vice-président (dauphin constitutionnel), la création d’un sénat, la suppression de l’âge limite de candidature, la suppression et le changement de l’actuel article 35…etc.

Face à cela, notre position est claire : nous sommes contre et nous utiliserons tous les moyens légaux pour nous y opposer et ne pas légitimer cet autre coup de force. C’est pour cela que j’appelle à la mobilisation de tous nos militants où qu’ils se trouvent, en Côte d’Ivoire et en dehors de la Côte d’Ivoire.

Le parti se réunira en convention très bientôt et des mots d’ordre clairs seront donnés pour faire barrage au passage en force que prévoit Alassane Ouattara et sa clique.

 

Vive Laurent GBAGBO

Vive la Côte d’Ivoire pour que vive l’Union des Nouvelles générations

C’est Dieu qui est fort !

Je vous remercie

Stéphane KIPRE