«CPI: comment le procureur Ocampo a organisé son impunité». Sous ce titre anodin, Médiapart a publié la toute petite dernière information aux grands effets, le vendredi 13 octobre dernier, sur les manigances coupables au bureau du procureur de la CpI. Sous la plume de la journaliste , le journal français en ligne apprend de nouveau à ses lecteurs que «l’ancien procureur Luis Moreno Ocampo avait, lorsqu’il était en poste, organisé sa propre impunité». Morceau choisi dans l’article de Médiapart :

 

«La CPI ne dispose toujours pas d’instruments efficaces pour préserver son intégrité. ‘’Ils n’ont rien demandé’’, disait Luis Moreno Ocampo le 25 septembre dernier au Spiegel et à l’European Investigative Collaborations (EIC), au sujet de ses sociétés implantées au Panama et dans les îles Vierges britanniques, deux des plus opaques paradis fiscaux au monde. L’ex-procureur jurait ne pas être un évadé ni un fraudeur fiscal, en dépit de documents montrant une volonté certaine de dissimulation. Mais il reconnaissait aussi n’avoir rien déclaré de son lorsqu’il était en poste à la Cour pénale internationale (2003-2012)». Mais le plus important restait inscrit dans ces lignes écrites par Médiapart, éclaboussant le bureau de Fatou bensouda, remplaçant d’Ocampo : «Les révélations des ‘’Secrets de la Cour’’’ ont entraîné la suspension de deux fonctionnaires de la Cour pénale internationale et l’ouverture d’une enquête interne».

 

Comme il fallait s’y attendre, cette dernière actualité liée au sacrifice expiatoire de deux agents de la CpI pour espérer sauver la peau de la procureure Fatou bensouda et épargner le bureau corrompu légué par l’ancien procureur Luis Moreno-Ocampo, les ré- seaux sociaux se sont enflammés depuis vendredi. Les intervenants exigent, non seulement la libération du président Laurent gbagbo et du ministre Charles blé goudé, mais aussi la démission de Fatou bensouda et la dissolution de son bureau, voire le démantèlement de la CpI ellemême. bEnSOuDA DAnS DE bEAuX DRApS L’affaire a éclaté depuis le vendredi 6 octobre dernier. En moins d’une semaine, le journal français en ligne Médiapart, a révélé au grand jour deux scandales liés au fonctionnement du parquet de la CpI : le premier scandale porte sur les sociétés écrans et les comptes offshore de l’ancien procureur de la CpI, l’Argentin Luis MorenoOcampo, son patron auquel Fatou bensouda a succédé ; le second porte sur la très sale collusion entre nicolas Sarkozy (président français au moment des faits), Alassane Dramane Ouattara (bénéfi- ciaire actuel du coup d’Etat du 11 avril 2011 en Côte d’Ivoire ) et Luis Moreno-Ocampo (procureur de la CpI au moment des faits), pour renverser, arrêter et déporter illégalement à la CpI le président ivoirien, Laurent gbagbo. Et depuis, la juriste gambienne, Fatou bensouda, procureure de la Cour pénale internationale (CpI), est sur la sellette. Mme bensouda a d’abord publié une déclaration pour lâ- cher son ancien patron, affirmant avoir coupé tout contact avec Luis Moreno-Ocampo.

 

puis, elle a pondu un communiqué additif, par le biais de son bureau, pour annoncer son intention de «suspendre les agents» qui auraient pu être mêlés à ces sales opérations, et pour soutenir qu’elle a sollicité l’ouverture d’une enquête : «J’ai rendu compte des allégations concernant deux membres de mon Bureau au (MCI) dont dispose la Cour dans son cadre juridique. Le MCI a indiqué que cette affaire ferait l’objet d’une enquête complète», indiquait le communiqué du bureau de la procureure (La Voie Originale n°279 du 9 octobre 2017, pp 2 & 3). pour les observateurs, l’information de Médiapart confirmant la suspension de deux agents à la CpI montre que «la procureure a mis à exécution son plan pour espérer se tirer d’affaire». C’est pourquoi, ni la suspension des deux (2) agents sacrifiés pour gagner du temps ni l’ouverture d’une enquête confiée à l’organe interne de contrôle qu’est le (MCI) n’ont suffi à calmer la colère et les ardeurs des puristes du droit plus que jamais indignés. Car, sur ses rapports avec l’ancien procureur, son patron auquel elle a succédé, Fatou bensouda semble avoir caché toutes les vérités.

 

En effet, dans son communiqué pondu pour se démarquer des «comportements répré- hensibles» de son ancien patron, Fatou bensouda écrit : «En réponse aux demandes des médias, mon Bureau a déjà indiqué qu’il n’avait pris aucun contact avec l’ancien Procureur de la CPI, M. Ocampo, sollicité aucun conseil de sa part ni collaboré avec lui au sujet des situations ou des affaires traitées par le Bureau ou engagées devant la Cour depuis que j’ai pris mes fonctions de Procureur…». Or, depuis le vendredi 13 octobre, un mail compromettant (en version anglaise) échangé avec Luis Moreno-Ocampo et attribué à Mme bensouda a envahi la toile et se partage entre internautes indignés. La Voie Originale en a obtenu copie. En voilà la version (traduite en français) :  bensouda à Ocampo : «Cher Luis, (...) J’ai essayé plusieurs fois l’année dernière de discuter de problèmes avec vous et de demander conseil, mais malheureusement nos deux calendriers ne le permettaient pas. J’espère que nous pourrons parler bientôt». bien entendu, pour l’instant, aucun autre message électronique n’est mis en ligne pour montrer que Fatou bensouda est effectivement entrée en relation avec Ocampo ou qu’elle a pu «parler», comme elle le souhaitait, avec son «cher Luis». Mais le fait est là, têtu : En écrivant, dans un communiqué officiel de démenti, que «mon Bureau (…) n’avait pris aucun contact avec l’ancien Procureur de la CPI, M. Ocampo, sollicité aucun conseil de sa part ni collaboré avec lui au sujet des situations ou des affaires traitées par le Bureau ou engagées devant la Cour depuis que j’ai pris mes fonctions de Procureur», Fatou bensouda a gravement menti sur ses relations avec Luis Moreno-Ocampo ! En conséquence, sur les ré- seaux sociaux, des blogueurs très influents ont inondé la toile de réflexions indignées poussant de plus en plus «Madame la procureure à avoir le courage de démissionner». D’autres intervenants invitent à la dissolution du bureau du procureur tandis que les radicaux proposent tout simplement «aux Etats parties au Statut de Rome de démanteler la CPI».

 

Mais fait notable, tous réclament, comme le dirait Kandia Camara Kamissoko, «l’arrestation» du procès contre Laurent gbagbo et blé goudé, c’est-à-dire, écriventils, «l’arrêt de cette prise en otage avérée et la libération des deux dignes fils de l’Afrique jugés à la CPI sur des bases salement corrompues».

Affaire à suivre