Au FPI, Pascal Affi N’guessan maintient fermement sa ligne de conduite et continue de dire que l’ancien
président n’est pas candidat à la présidence du parti. Conséquence, seuls ceux qui auraient peur de l’affronter
et qui instrumentalisent, pour cette raison le nom du président Gbagbo, emprisonné depuis plus de trois ans à La Haye, continueraient de l’empêcher de gouverner.
C’est d’ailleurs contre eux que le sortant a élevé une plainte devant la justice pour faux et usage de faux. Pourtant, Affi N’guessan n’en sait que trop sur la position de
Gbagbo. Son principal envoyé à La Haye qui l’a finalement lâché depuis lorsqu’il a compris que le président
sortant ne cherchait pas en réalité à savoir la vérité, a pris
avant-hier la parole, à l’occasion des échanges entre la direction de campagne de Gbagbo et les militants
de la fédération Abidjan-sud.
Et ce qu’il dit n’est pas la meilleure publicité pour le président sortant.
En fait, selon Tiacoh Kouadio secrétaire national chargé de l’agriculture dans le parti, il a été missionné par le président sortant à aller rencontrer le Président Gbagbo à La
Haye au plus fort des rumeurs sur la candidature de celui-ci. Mais Gbagbo refusa de le recevoir, en raison
des nominations au secrétariat général. En fait, la crise qui éclata au parti à la suite de ces nominations
ne fit guère plaisir à l’ancien président qui prit alors Affi N’guessan en grippe. Mais finalement sur l’insistance de Tiacoh, Laurent Gbagbo le reçut comme l’envoyé
d’Affi dans le mois de septembre. 
Selon le témoignage de celui-ci, le Président Gbagbo a non seulement dit pourquoi il avait répondu favorablement
à l’appel des fédéraux,  mais surtout pourquoi il ne voulait
plus laisser le parti entre les mains
d’Affi. « Le Président Gbagbo m’a ré-pondu qu’il a décidé de répondre

favorablement à l’appel de Mama

parce qu’Affi a changé la ligne du parti. Et que dès cet instant, il ne lui faisait plus confiance », a dit Tiacoh
dans un concert de murmures.
L’envoyé du président du FPI lui rendit donc compte à son arrivée à Abidjan. Mais le président sortant avait également eu un retour sur les
mêmes confidences de Gbagbo à son égard lors du passage de la fille de l’ancienne ministre de la santé Christine Adjobi qui est extrêmement proche du président sortant.
A celle-ci, le Président Gbagbo aurait demandé de dire à Affi N’guessan qu’il est candidat à la présidence du FPI.
C’est après le retour au pays de ces deux envoyés que l’un des avocats du Président Gbagbo est venu en
Côte d’Ivoire avec le courrier de Gbagbo aux militants dûment authentifié
par un notaire des Pays- Bas. Tiacoh Kouadio, alors très
proche d’Affi, pensait que le président sortant prendrait acte de cette candidature pour se retirer de la course. Mais après quelques jours de silence, le sortant passa à l’offensive
en attaquant le courrier de l’ancien président qu’il mit en
doute. Il vise alors, comme preuve que la lettre n’est pas de l’ancien président, les fautes qui y sont contenues et quelques repères qui auraient été faux.
Affi élève ensuite un recours en annulation contre la candidature du Président Gbagbo devant le comité
de contrôle. Mais celui-ci le déboute, principalement parce que le défaut de la lettre manuscrite n’est pas statutaire et qu’au surplus l’argument de non présence dans un
organe central du parti n’était pas fondé. On connait alors la suite, puisque le président du FPI, au lieu de saisir, en dernier ressort, le comité central va se résoudre à attraire
ses camarades devant le tribunal où il compte visiblement
des amitiés solides. Là aussi on connait la suite. Le congrès sera alors bloqué par l’ordonnance du juge des référés. Aussitôt entre en scène le pouvoir ivoirien qui demande
que le QG du parti soit vidé de son monde. Le président du
congrès est alors activement recherché après avoir manqué de se faire enlever, le directeur de campagne de Gbagbo est aussi menacé d’arrestation et en quelques jours
le FPI se retrouve en quasi clandestinité.