«Beaucoup s’interrogent sur le lieu de détention de Charles Blé Goudé. Il n’est pas détenu de façon clandestine, il est en résidence protégée ». Les Ivoiriens et les observateurs de la vie sociopolitique
en Côte d’Ivoire se souviennent encore de ces propos tenus par le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko. C’était lors d’une rencontre avec le bureau intérimaire du Congrès panafricain
pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), le jeudi 31 janvier 2013. Le sécurocrate du régime Ouattara se prononçait pour la première fois sur le lieu de détention du leader de la
galaxie patriote. Il avait alors justifié le choix de la «résidence protégée» par le
fait qu’une personnalité de la trempe de Charles Blé Goudé ne mériterait pas d’être
détenue dans une prison ordinaire.

«Vous connaissez également la personnalité de Charles Blé Goudé (…), il a un certain
nombre d’informations, ce n’est pas évident d’assurer sa sécurité dans une
maison d’arrêt ordinaire», avait-il dit. Avant d’expliquer sûr de son fait : «Ce
n’est pas la première fois dans le monde. Dans tous les grands pays, les prisonniers
d’une certaine catégorie bénéficient de protection particulière. Le président
Gbagbo, lui-même, n’était pas dans une maison d’arrêt, il était dans une villa.
Mme Gbagbo n’est pas dans une maison d’arrêt. Elle est dans une villa parce qu’évidemment,
on ne sait pas où sont les ennemis. Nous, nous voulons le garder dans des conditions protégées jusqu’à ce que les choses évoluent».
Les choses ont effectivement évolué aujourd’hui comme l’avait prédit Hamed Bakayoko.
Mais l’opinion nationale et internationale découvre ahurie que c’est dans le très mauvais sens. Le
ministre de l’Intérieur et de la Sécurité du régime Ouattara n’a pas dit la vérité à
l’opinion sur le lieu de détention de Charles Blé Goudé ni sur les conditions de cette
détention. Parce qu’à la vérité, l’ex-ministre Blé Goudé n’a jamais été détenu dans
une résidence protégée.

Les photos qui ont été publiées par les journaux ivoiriens et les réseaux sociaux et qui présentent Charles Blé Goudé et Jean-Yves Dibopieu, ex-SG de la Fesci et patron du mouvement, SOAF,
dans des postures dégradantes, montrent clairement que ces prisonniers politiques
sont détenus dans des conditions inhumaines à la Direction de la surveillance
du territoire (Dst). Le mensonge, l’isolement et la torture ont toujours été le mode
d’actions des régimes dictatoriaux. Le régime Ouattara, qui en est un, n’y échappe pas.

Robert Krassault
ciurbaine@yahoo.fr