«Praljak n’est pas criminel de guerre, je rejette votre verdict ! ». dans la guerre contre les Bosniaques, en 1993-1994. Mais l’ex-chef militaire, carrure massive et visage buriné, a dé- cidé de ne pas subir le verdict de la justice du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), à La Haye. Au prononcé du verdict, il sort une petite fiole de sa poche et en boit le contenu jusqu’à la dernière goutte, en clamant son innocence, sous le regard médusé de l’ensemble du tribunal.

 

Du jamais vu à La Haye ! La scène est filmée par les cameras, mais les images de sa chute en pleine audience ne seront pas diffusées. Sur le coup, la confusion envahit le tribunal. Le juge-président, Carmel Agius, ne semble pas vraiment comprendre se passe, jusqu’à ce que l’avocat confirme ce que beaucoup pressentent : il y avait du poison dans la fiole de Slobodan Praljak. La séance est suspendue et les rideaux entourant la salle du tribunal sont tirés. « Cette salle d’audience est désormais considérée comme une scène de crime » par la police néerlandaise. Selon les informations de différents médias dont l’Agence France Presse (AFP) et la chaîne de télévision Euronews, les secours sont arrivés très vite pour évacuer Slobodan Praljak du tribunal en ambulance. Le décès a été annoncé, hier en début d’après-midi, par plusieurs médias croates, dont la chaîne privée n1 et les principaux quotidiens Jutarnji List et Vecernji List. Toujours selon les mêmes sources, Slobodan Praljak, ingénieur devenu directeur de théâtre, n’était pas un militaire à l’origine. Mais lors de la guerre, il a vite gravi les échelons des forces croates. Pour de nombreux Croates, il était un héros. La semaine dernière, la présidente croate, Kolinda GrabarKitarovic, lui a rendu un vibrant hommage lors de la dédicace d’un ouvrage, « Général Praljak », écrit en son honneur : « La contribution du général Slobodan Praljak a été d’une immense importance à la fois pour la défense de la Croatie et de la Bosnie contre l’agression Grand Serbe et pour la survie du peuple croate sur son territoire historique durant la guerre patriotique », avait déclaré la présidente. Cet homme, déclaré malgré tout coupable d’une « Entreprise criminelle commune pour imposer une domination croate, en usant de l’épuration ethnique dans les zones que les forces croates contrôlaient », n’a visiblement pas pu supporter l’opprobre.