2 millions de dollars de dédommagement

2 millions de dollars de dédommagement

une association accepte de se pencher sur son dossier en 2010 et trouve plusieurs incohérences dans le témoignage d'Annice Kennebrew, seule personne entendue dans cette affaire à l'époque. En 2017, cette dernière admet avoir menti, ce qu'elle confirmera devant la justice en février 2020. Contactée par CNN, elle explique que deux hommes auraient fait pression sur elle à l'époque pour qu'elle donne les noms de Forbes et des autres accusés dans cette affaire. « Ils ont menacé de tuer mes enfants, mes parents, mes frères et sœurs », assure-t-elle, certaine que revenir sur son témoignage était « la bonne chose à faire ». « Tout ce que j'ai dit à la police, et tout ce dont j'ai témoigné au procès concernant de l'incendie, était inventé. Pour autant que je sache, Walter n'a rien à voir avec ce crime. » Malgré son mensonge, elle ne risque pas d'être condamnée, le délai de prescription du crime de parjure étant généralement de six ans.

2 millions de dollars de dédommagement
Durant l'enquête de la Michigan Innocence Clinic, deux personnes ont également admis que David Jones, propriétaire des lieux, était impliqué dans l'incendie ayant coûté la vie à Dennis Hall à Jackson en 1982. Jones, décédé depuis, aurait touché 50 000 dollars de l'assurance pour ce bâtiment, acheté huit ans plus tôt mais assuré deux mois avant l'incendie. Pour autant, le bureau du procureur du comté de Jackson a dans un premier temps rejeté l'annulation de la peine demandée par la Michigan Innocence Clinic. Selon lui, les incohérences dans le témoignage original d'Annice Kennebrew étaient insignifiantes. Les raisons qui auraient poussé les deux hommes (également décédés depuis) sur elle pour qu'elle livre un faux témoignage n'étaient pas assez claires pour lui.
Finalement, un juge a considéré que les preuves étaient suffisantes pour libérer Walter Forbes. « Jusqu'à ce que je sois condamné, je pensais que le système fonctionnerait, qu'il se corrigerait. Avec le recul, j'étais naïf », regrette le principal intéressé, qui vit maintenant près de Detroit et devrait bientôt rendre visite à sa mère de 94 ans, dans le Mississippi. « Je n'ai pas de mépris pour les gens qui ont menti pour me faire condamner. La raison est égoïste : je n'allais pas leur permettre de me détruire. Si je ne leur avais pas pardonné, cela ne leur nuirait pas, mais cela me nuirait », argue Walter Forbes. Après avoir passé injustement 37 ans en prison, il devrait toucher 2 millions de dollars de dédommagement, soit environ 1,6 million d'euros, relate USA Today. Mais il va devoir patienter plusieurs mois avant de pouvoir bénéficier de cet argent.