La fusillade survenue dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 juin dans une boîte de nuit – le Pulse – d’Orlando (Floride) a fait au moins 50 morts et 53 blessés.

Selon les médias américains, c'est l’attentat le plus meurtrier survenu sur le sol américain depuis le 11-Septembre.

Le tueur, un certain Omar Mateen, Américain d’origine afghane de 29 ans, a été abattu par la police, et son identité confirmée par le FBI.

Avant son carnage, il a appelé le FBI et prêté allégeance à Daesh (Etat islamique). Lequel dans un communiqué pour revendiquer l'attaque, a qualifié Omar Mateen de « soldat du califat ».

 

D’après Reuters, près de 350 personnes assistaient à la soirée « Latin flavor » organisée au Pulse, haut-lieu de la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) d’Orlando. Impossible toutefois de savoir combien étaient encore présentes quand, une demi-heure avant la fermeture de l’établissement, Omar Mateen gare son véhicule sur le parking de la boîte de nuit. Il est presque 2 heures du matin quand l’homme compose le numéro d’urgence 911 et prête allégeance à l’organisation Etat islamique (EI).

 

A 2 h 02, il pénètre dans l’enceinte du club, armé d’un fusil d’assaut AR-15, d’un pistolet et de plusieurs munitions de rechange, a détaillé John Mina, le chef de la police de la ville. Puis Omar Mateen ouvre le feu.

 

« Vers 2 heures, quelqu’un a commencé à tirer. Les gens se sont jetés sur le sol, raconte l’un des clients du Pulse, Ricardo Negron, interrogé par Sky News. Il y a eu une courte pause et certains d’entre nous ont pu se lever et sortir en courant par-derrière. »

 

Un officier de police, qui travaillait comme agent de sécurité dans le club, intervient. Selon plusieurs médias, il est rejoint par deux agents déployés à proximité. Les échanges de coups de feu s’intensifient. Les circonstances exactes restent floues, mais le tireur serait, semble-t-il, ressorti avant de regagner l’intérieur de la boîte de nuit. La prise d’otages débute.

 

Une mère de famille a expliqué à la chaîne locale WFTV avoir reçu plusieurs textos de sa fille de 18 ans, à partir de 2 h 07. Touchée par un tir, elle est accompagnée de ses deux cousines et appelle à l’aide.

 

« Viens nous chercher. Viens nous chercher. Ils sont en train de tirer. Ils sont en train de tirer. »

 

Omar Mateen avait des « antécédents violents » selon le FBI qui explique qu’elle avait enquêté sur lui à deux reprises pour des liens supposés avec la mouvance islamiste, en 2013 et 2014, sans donner de suite, faute de preuves.

Seddique Mateen, son père, a relaté à NBC News un épisode récent, lors duquel son fils avait été choqué de voir deux hommes s’embrasser à Miami, il y a quelques mois. Cela aurait pu motiver son geste qui n’aurait, selon lui, « rien à voir avec la religion ».

« Nous étions à Bayside dans le centre de Miami, des gens jouaient de la musique. Et il a vu deux hommes s’embrasser, devant sa femme et son fils, et il est devenu furieux. Ils s’embrassaient, se touchaient, et il a dit : “Regardez ça. Ils font ça devant mon fils.” »

Le Washington Post précise que le père du tireur animait une émission en dari (persan parlé en Afghanistan) sur une chaîne nommée Payam-e-Afghan. Sur l’une des vidéos postées sur YouTube, ajoute le journal américain, il remercie les talibans afghans et critique le gouvernement pakistanais.

L’ex-femme d’Omar Mateen a assuré au Washington Post qu’il n’était « pas une personne stable » et qu’il la battait souvent sans raison pendant les quelques mois qu’ont duré leur mariage, à partir de 2009. Elle a précisé qu’il n’était alors pas très religieux, et qu’il travaillait comme garde dans un centre pour jeunes délinquants, mais qu’elle n’avait pas eu de contacts avec lui depuis leur séparation.

 

Malgré tout, titulaire d’un port d’arme, il a pu se procurer la semaine dernière deux armes (une arme de poing et un fusil), selon l’ATF, l’agence fédérale chargée de la lutte contre le trafic des armes à feu. Il travaillait dans une entreprise de sécurité, G4S, depuis septembre 2007, laquelle a exprimé sa solidarité avec les victimes sur Twitter et affirmé coopérer pleinement avec les autorités dans le cadre de l’enquête.

Omar Mateen est entré dans le collimateur du FBI en 2013, après que des déclarations rapportées par ses collègues de travail eurent laissé suspecter de possibles liens terroristes. Le FBI a alors lancé une enquête plus approfondie, en interrogeant des témoins, en le surveillant, en vérifiant ses antécédents et en l’interrogeant deux fois.

Mateen a capté à nouveau l’attention de la police fédérale en 2014 en raison de liens possibles avec Moner Mohammad Abu Salha, le premier kamikaze de nationalité américaine en Syrie, qui avait grandi lui aussi en Floride avant de rejoindre le Front Al-Nosra, proche d’Al-Qaida. A l’issue d’un nouvel interrogatoire,« nous avons déterminé que le contact était minimal et ne constituait pas une relation substantielle ou une menace à l’époque », a expliqué dimanche le FBI.

 

Oumou Djeneba