Mis aux arrêts depuis la fin de la crise post-électorale, de nombreux prisonniers politiques qui ont leurs dossiers en
instructions, après enquête des juges, ont bénéficié de non-lieu. Mais la justice ivoirienne s’est détournée de leur situation au point où leurs proches ne savent plus à quel saint se vouer.

84 prisonniers politiques proches du président Laurent Gbagbo, selon une source au sein de la cellule spéciale d’enquête, avaient bénéficiés d’une ordonnance de non lieu partiel et de renvoie devant la chambre d'accusation depuis le 10 Janvier 2013. Depuis cette date qui a mis fin a l'enquête du juge d'instruction du 10ème cabinet de la cellule spéciale d'enquête post-crise, le juge Koné Mamadou, une trentaine de personnalité dont le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan, le Premier ministre Gilbert Aké N'Gbo et bien d’autres personnalités ont bénéficié d’une liberté provisoire.

Ce dossier qui porte l'appellation « Dossier Aké N’Gbo »est, semble-t-il rangé aux oubliettes depuis que les personnalités citées plus haut bénéficient de la liberté provisoire. Des dizaines de jeunes dont plusieurs sont des étudiants croupissent dans les prisons éparpillées sur toute l’étendue du territoire dont la tristement célèbre Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Malgré les intentions maintes fois renouvelées (sic !) du gouvernement de libérer les prisonniers de la crise post-électorale, un seul de ces prisonniers les plus anciens de la Maca n'a été concerné. La quasi-totalité des prisonniers en liberté provisoire suite aux négociations engagés par le président Pascal Affi N’Guessan, ne sont que les derniers venus à la Maca. Pour la plus part, ce sont d'honnêtes citoyens raflés dans les rues, villages et quartiers du pays suite à des attaques de
commissariats ou de villes, 19 mois après la fin des enquête du juge d'instruction et un ans après les décisions de la chambre d'accusation qui a renvoyé l'ensemble des dossiers
à elle transmise par le juge Koné Mamadou en cours d'assises.

Les nombreuses demandes de mise en liberté provisoire
adressées à la chambre d'accusation par ces prisonniers politiques n'ont jamais connu un accusé de réception encore moins une réponse de cette chambre. Les parents des détenus qui ont approché ladite chambre ont été renvoyés vers le procureur général Ali Yéo. Au moment où Ouattara et son gouvernement parle de « flagrant délit »,voici des prisonniers de flagrant délit dont l'instruction est terminée depuis bientôt 2 ans et jusqu'à présent le flagrant délit n’est jamais prouvé.
Les frères Dago dans l’attente d’une providence Ils sont trois frères, les frères Dago, qui croupissent en prison, à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, depuis bientôt trois ans sans procès. Il s’agit de Dago Wilfried et Dago Pascal Cyrille (étudiants), Dago Anicet (coiffeur esthéticien). Ils ont été arrêtés le 29 novembre 2011 dans la commune de Port-Bouët par les Frci sous le toit familial,après avoir été indexés par des voisins comme étant une famille active dans la campagne du président Laurent Gbagbo.

C’est à l’issue de tortures et traitements inhumains pendant plusieurs jours qu’ils ont été déférés à la Maca le 2 décembre 2012.Les frères Dago sont poursuivis pour atteinte à la défense nationale. Depuis janvier 2013, il leur a été notifié une ordonnance de non lieu partiel. 19 mois après la notification de cette ordonnance par le juge d’instruction qui leur donne ainsi une possibilité de retrouver ainsi leur famille « provisoirement», les frères Dago sont toujours enfermés à la Maca sans jugement.
autre source
04/08/2014