Le capitaine Ibrahim Traoré auteur d’un coup d’Etat, vendredi au Burkina Faso, contre le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a déclaré dimanche à midi, dans un communiqué lu à la télévision publique (RTB), que la situation était sous contrôle, alors que des milliers de manifestants étaient dans la rue pour exiger la démission de Damiba et le départ de la France.

 

"Le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) tient à remercier la population pour son soutien patriotique et son engagement à faire confiance à la lutte. Nous tenons à informer la population que la situation est sous contrôle et que les choses sont en train de rentrer progressivement dans l’ordre", selon un communiqué signé de Traoré, mais lu par un de ses hommes à la télévision en sa présence.

 

Traoré a invité les populations à vaquer à leurs occupations.

 

Après une longue nuit de manifestations, des milliers de personnes sont encore sorties ce dimanche, dans les rues de la capitale burkinabè, Ouagadougou, pour exiger la démission du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé vendredi par un coup d’Etat, et le départ de l’armée française du Burkina Faso, a constaté sur place un correspondant de l’Agence Anadolu.

 

Certains manifestants qui s’étaient rassemblés devant l’ambassade de France à Ouagadougou, se sont dirigés vers les locaux de la télévision publique qui est depuis jeudi, contrôlée par les putschistes dirigés par le capitaine Ibrahim Traoré.

 

Samedi soir, des manifestants ont incendié une guérite devant le siège de l’ambassade de France à Ouagadougou, et saccagé une partie de l’Institut français à Bobo-Dioulasso (Ouest).

 

Ce dimanche, des manifestants, dont certains parés de drapeaux de la Russie, ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes devant les locaux de l’ambassade de France à Ouagadougou.

 

"Nous invitons la population à départir de tout acte de violence et de vandalisme qui pourrait entacher les efforts consentis depuis la nuit du 30 septembre 2022, notamment ce qui pourrait être perpétré contre l’ambassade de France ou la base militaire française sise à Kamboincé (banlieue de Ouagadougou)", a déclaré Traoré.

 

Les nouvelles autorités n’ont pas évoqué la situation de Damiba, alors des informations non officielles faisant état de sa démission circulaient sur les réseaux sociaux et dans certains médias locaux.

 

Dans un nouveau communiqué publié ce dimanche, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest dit suivre "avec une grande préoccupation l'évolution de la situation" et "réitère sa ferme condamnation de la prise du pouvoir par la force".

 

Elle a demandé aux forces de Défense et de Sécurité d'éviter l’escalade et, en toutes circonstances, de protéger les civils.

 

"La CEDEAO demande l'arrêt des violences et des pillages, de tous genres, qui ne peuvent être tolérés", soutient le peuple burkinabè dans sa quête de démocratie et, dans ce cadre, réaffirme son attachement au chronogramme adopté par le Sommet du 3 juillet 2022 qui prévoit le retour à l'ordre constitutionnel au plus tard le 1er juillet 2024.