05/09/2014 source LE NOUVEAU COURRIER

Issiaka Ouattara dit «Wattao», le tout-puissant maître d'Abidjan Sud, le flambeur des nuits chaudes de la capitale économique, le numéro deux rebelle du CCDO... c'est fini.
Désormais, non seulement il n'a plus aucun poste opérationnel d'envergure dans l'édifice sécuritaire du régime,
mais il est géographiquement écarté. Le site Internet de Jeune Afrique nous apprend qu'il a quitté la Côte d'Ivoire
le 28 août dernier, et qu'il est désormais en «stage de formation» à l'Académie militaire de Meknès, au Maroc, «où il suivra des cours d'étatmajor ». Pendant dix mois.
Assez de temps pour que son influence, considérable sur une bonne partie des combattants de l'ex-rébellion,
soit «rognée» au maximum. S'il était demeuré en Côte d'Ivoire, l'homme de confiance de Guillaume
Soro aurait continué d'incarner un possible recours et un «avocat» aux yeux des sans-soldes de l'aventure
militaire qui a conduit Alassane Ouattara au pouvoir. Des combattants qui n'ont toujours pas reçu de matricule,
donc de salaire, et qui vivaient jusque-là de «l'argent gris» apporté par le racket et autres pratiques couvertes
du sceau du secret, qui avaient cours dans les quartiers huppés d'Abidjan Sud.
Wattao parti à plusieurs milliers de kilomètres d'Abidjan, ses obligés seront bien obligés, par réflexe de survie, de se trouver d'autres «parrains », sans doute plus «éloignés» de
Guillaume Soro, le «dauphin constitutionnel » dont le «cercle rapproché» du maître d'Abidjan veut réduire
l'éventuel pouvoir de nuisance. Les plus radicaux d'entre eux n'ont plus d'autre choix que la grande criminalité
et d'éventuels actes de sabotage désespérés pour marquer leur désapprobation. Plus que jamais, la guerre
interne et les batailles en vue de la succession battent leur plein au sein de l’État-RDR. Dans un assourdissant
silence !