source Aujourd’hui / du/20/08/2014
Dans sa parution du lundi dernier, « Aujourd’hui »,
a barré sa manchette principale avec l’information selon laquelle, le lieutenant-colonel, Issiaka Ouattara dit « Wattao
», était introuvable. Cela, sur la base du témoignage d’un
membre de la famille du commandant en second de la
Garde républicaine (GR) qui depuis quelques jours, n’arrivait
plus à joindre ce dernier ni sur ses numéros de téléphone
portable, ni par les canaux habituels utilisés en cas
de difficultés à prendre les nouvelles du « Commandant
». Il n’en fallu pas davantage pour relancer le débat sur
l’état de santé des relations actuelles entre Wattao et le
régime. A la vérité, des liens distendus depuis quelques semaines, avec notamment, le double limogeage de l’ancien
commandant de zone de Séguela, sous l’ex-rébellion ivoirienne, enregistré successivement au commandement
de la gestion sécuritaire d’Abidjan-Sud et au
CCDO. Voulant rassurer l’opinion, certains journaux de la
place, répondant visiblement au journal « Aujourd’hui »,
sans le citer, ont indiqué hier que l’officier supérieur, introuvable à Abidjan depuis quelques jours, a été aperçu
récemment sur ses terres natales de Doropo (dans l’Est du
pays). Selon leurs certitudes, Wattao est dans le coin pour
pratiquement deux semaines. Un séjour que l’homme, diton,
mettra à profit pour faire visiter son village à ses enfants
et autres petits enfants venus des Etats-Unis où ils résident.
Pour bien présenter, ils ont même ajouté que l’ex-n°2
du CCDO a soulevé des foules sur un terrain poussiéreux de
football de Doropo. Autant d’informations qui n’ont pas
pour autant dissipé les doutes sur le silence pesant de Wattao. Bien au contraire, car selon un officier de la garde
républicaine, joint hier au téléphone, « s’il est prouvé que
Wattao est effectivement dans son village, il n’y est pas
en tant que bénéficiaire d’un congé. Appartenant à la même
unité que le colonel, je n’ai pas connaissance d’un message
de la hiérarchie lui octroyant une permission de 10 jours.
En l’état actuel des choses, et vu les charges du colonel, il
est pratiquement impossible que l’état-major lui accorde
autant de jours d’absence surtout qu’il n’y a pas d’urgence
signalée à son niveau. Pour votre information, sachez que
dans l’armée, les autorisations d’absence excèdent rarement
quatre jours. Elles peuvent aller jusqu’à six jours maximum
selon l’importance de la cause. Il faudra donc chercher
ailleurs, les raisons de cette absence prolongée du colonel
Wattao, hors d’Abidjan et de son unité. » Voilà qui situe aisément sur le degré de fiabilité des contradicteurs du
journal « Aujourd’hui » et autres troubadours du pouvoir
qui tentent de faire croire que sur l’affaire Wattao, il faut
plutôt circuler car il n’y a rien à voir. Et pourtant, il n’y a qu’à
échanger avec les proches de l’ex-chef de guerre pour se
rendre compte de la colère qui gronde dans les poitrines de
ces derniers, relativement au traitement dont est l’objet
leur champion, depuis quelques semaines, de la part
des tenants du pouvoir. Quel intérêt ceux-ci auraient-ils de
râler après une situation qui n’existerait pas en réalité ?
Pourquoi l’on n’entendait pas hier, ce genre de récriminations
du temps de la gloire de Wattao et que cela se fait seulement
aujourd’hui ? C’est qu’il y a forcément anguilles sous roche. Ce sont autant d’interrogations qui montrent que dans cette affaire, le régime, via ses communicants, n’a pas encore dit toute la vérité. Une vérité qu’il tente de couvrir d’un épais écran de fumée avec des arguments bien spécieux qui, en définitive ne servent pas sa cause. Bien au contraire. Assurément, le feuilleton Wattao n’a pas encore livré toutes ses énigmes, contrairement aux apparences soignées que l’on
veut nous faire avaler.