La cérémonie d’installation des commissions locales de la commission électorale indépendante (CEI) a été marquée hier mercredi 4 février 2015 à Yamoussoukro par une secousse entre le PDCI-RDA et le RDR. Une secousse qui pourrait connaitre de vilains lendemains dans la cohabitation au niveau local, entre ces deux formations phares du RHDP. Et ce, eu égard aux positions actuelles de leurs responsables départementaux. Les responsables du PDCI-RDA n’ont, en effet, pas apprécié les circonstances dans lesquelles se sont déroulés ces travaux de la CEI qui portaient essentiellement sur l’élection des membres des bureaux des commissions locales du District de Yamoussoukro, du département d’Attiégouakro et de la commune 2 de Yamoussoukro.

Dès l’entame des travaux, c’est le coordonnateur départemental de la jeunesse du PDCI-RDA, Jean Halyman Koissi qui a donné le ton en exprimant vertement la colère de son parti à la mission de la CEI arrivée d’Abidjan pour présider les travaux. M. Alain Dogou, (vice-président de la CEI et superviseur de la région du Bélier, du Nzi et du District Autonome de Yamoussoukro) qui conduisait cette mission a, avant de faire vider la salle de tous ceux qui n’avaient pas un mandat, dit s’en tenir aux textes. Cela ne s’est pas fait sans un break qui a quelque peu assombri le bon déroulement des travaux. Il d’ailleurs failli l’intervention expresse du maire de la commune, également délégué départemental du PDCI-RDA, alors occupé à recevoir le secrétaire exécutif de son parti en mission dans la ville, pour une poursuite aisée des travaux. Il est donc revenu au responsable des jeunes de situer la presse sur les raisons de leur colère. « Nous constatons avec amertumes que les bases sont déjà faussées et il y a du faux qui se prépare déjà » a-t-il dit avant de faire cette précision : « On estime qu’on évolue au sein du RHDP et qu'il faille s’accorder avant de venir aux élections. Nous avons attendu à des discussions nos amis qui ne sont pas venus. Il y a aussi que nous n’avons pas eu l’information a temps. C’est seulement hier à 21 heures que nous avons eu l’information tandis que les autres partis politiques l'avaient déjà . Donc on se dit que ce n’est pas normal. L’information qui est officielle doit être diffusée de la même façon à tous. Si l’information est ainsi gardée par devers, c’est qu’il y a une volonté de tricher. C’est pourquoi nous appelons à nos délégués de ne pas voter ». « On souhaite aller dans le sens du RHDP. Le président Henri Konan Bédié a déjà lancé l’appel et l’appel est déjà adopté, nous avons fait des déclarations de soutien. Nous au PDCI avons décidé d’aller soutenir le candidat Alassane Ouattara mais dans les faits actuels, nous constatons que nos amis d’en face ne sont pas prêts à nous accompagner (…) On a souhaité qu’on s’asseye pour harmoniser les postes afin qu’il n’y ait pas de problème. On ne peut pas accepter que l’information arrive et que seul un camp en soit informé. On ne peut pas en effet comprendre que le PDCI-RDA qui est la force politique principale de la région soit privée d’informations pendant que nos amis du RHDP font la cour aux autres partis politiques. Cela ne démontre pas la cohésion que nous recherchons. Il y a donc problème » a-t-il conclu avant de quitter les lieux avec les militants de son parti, présents en grand nombre. Le délégué départemental du RDR que nous avons approché s’est dit très étonné par ces accusations. « Je peux vous confirmer que dès que l’information relative à l’élection du bureau de la CEI nous est parvenue, j’ai personnellement appelé le délégué du PDCI, le maire Gnrangbé Jean qui était également informé pour lui dire qu’il ne serait pas joli que nous allions nous affronter à des élections et donc qu’il était nécessaire que nous nous retrouvons pour accorder nos violons. Ainsi, je vous le dis, nous nous sommes retrouvés chez le maire, la nuit du dimanche dernier, jusqu’au petit matin pour essayer de nous accorder. Mais il s’est trouvé que chacun d’entre nous, PDCI et RDR voulait la présidence régionale contre la présidence départementale pour l’autre. Finalement, vu que chacun était campé sur sa position, le maire a demandé de nous référer, chacun à son niveau, à la direction de son parti. Il se trouve que chaque direction demande à son délégué d’obtenir coûte que coûte la présidence régionale et nous, ayant constaté que le PDCI faisait la cour aux autres formations politiques notamment au FPI, nous avons décidé de prendre notre destin en main » nous a-t-il dit, regrettant que les choses se déroulent ainsi. Pour lui, cette situation doit être vite oubliée car ce qui uni le PDCI et le RDR, dira-t-il, va au-delà des postes à la CEI locale.

Au terme des travaux qui se sont toute de même poursuivis, le commissaire central Alain Dogou a ainsi résumé: « Les élections se sont biens déroulés. Il y avait 27 commissaires qui avait été désignés et invités. Il y a eu 26 qui ont été présents, le 27ème a été remplacé par son parti, il avait un mandat mais son nom ne figurant pas sur notre liste, il a donc été obligé d’assister au vote en tant qu’observateur (…) Tous les partis politiques et les représentants de l’administration territorial, membres des 3 commissions que nous venons d’installer ont répondu présents et ont participé effectivement au vote. Aujourd’hui les commissions sont installées en ce qui concerne Yamoussoukro-commune, Attiégouakro et du District Autonome de Yamoussoukro », avant de faire cette précision : « Je n’ai pas été informé d’un clash qui se serait intervenu entre des partis politiques à l’extérieur (de la salle de réunion). Nous, nous étions à l’intérieur avec les 27 représentants, donc ne sommes pas tenus informer de ce qui s’est passé à l’extérieur (…)Ils ont tous voté ». Le compte-rendu des travaux indique d’entrée que contrairement aux démembrements de la précédente CEI, ceux de la présente sont composés de la commission départementale d’Attiégouakro, de la commission communale de Yamoussoukro 2 et de la (nouvelle) commission du District autonome de Yamoussoukro (qui aura les missions que remplissaient les 2 défuntes commissions régionale et communale de Yamoussoukro 1). M. Beko Diomandé du RDR a été élu président de CEI-district avec pour adjoint Yao Koffi Jean du AFD-FPI et pour secrétaire, la représentante du préfet, N’Gbofae Marie-Florence. Pour la commune 2, c’est Koné Nifo Naby du MFA, mais connu comme militant du RDR qui a été élu président. Il a pour vice, la représentante du RPCI (le parti de Bamba Moriféré), Gauze Toilaud Solange. Le secrétaire étant Yao Kouadio Bertin de l’administration. Enfin, pour Attiégouakro, c’est Gbané Baba du RDR qui a été élu président avec comme vice président Brouzro Fidèle du RPCI et Kouakou Kouamé de l’administration comme secrétaire. Le PDCI-RDA est donc absent de l’organisation des prochaines élections dans la région de Yamoussoukro.
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