
À quelques jours de la présidentielle, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé suspendent leur participation au cadre commun avec Tidjane Thiam, après avoir négocié directement avec le RHDP.
Pendant que d’autres réclamaient des discussions globales avec le gouvernement, eux ont choisi la voie parallèle.
Simone candidate “retenue” ? À quel prix ?
“Blé Goudé est avec nous tous les jours, je dis bien tous les jours.”
— Cissé Bacongo, RHDP
Cette phrase, prononcée en avril 2024, éclaire une stratégie ambiguë : Blé Goudé, condamné injustement par le régime Ouattara en son absence et engagé dans une bataille, sans doute légitime, pour sortir de l’impasse, est déjà connu pour ses courbettes afin d’obtenir son passeport et d’autres droits ou avantages, ainsi que pour ses piques contre Gbagbo et Thiam (il a notamment déclaré que Tidjane Thiam ferait un “bon Premier ministre” mais pas un “bon Président”, un message clair à la veille des alliances). Il avance en crabe, tandis que Simone mise sur une écoute du pouvoir, au risque de diviser l’opposition.
À quelques jours d’un tournant politique, cette rupture fragilise Cap-Côte d’Ivoire et brouille le message d’unité. Pendant que certains luttent pour l’alternance, d’autres négocient leur place. Comme le disait si bien le président Bédié, à la croisée des chemins, chacun suit sa route.
L’Histoire fera la différence entre ceux qui se sont inclinés et ceux qui ont eu le courage de résister. Car Thiam a résisté à la tentation : il aurait pu accepter toutes les avances du RDR devenu RHDP et figurer aujourd’hui sur la liste électorale, mais il a choisi, par intégrité, de refuser ces compromissions.
En conclusion, une précision s’impose : Simone, femme toujours en activité politique, a pleinement le droit de se présenter à l’élection présidentielle, tout comme Blé Goudé a le droit de négocier son avenir politique.
JACQUES ROGER
LECONSERVATEUR
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